Bonjour à tous,
Voici une page enfin documentée et presque impartiale sur la génèse et la mise
en place des PDIRM (plans départementaux d'itinéraires de randonnées
motorisées).
Comme le sujet fait débat, je vous fais un copier-coller dont l'auteur ne me
tiendra j'espère pas rigueur.
Bonne lecture
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Les loisirs motorisés sont considérés comme des sports de nature depuis un
certain temps par le gouvernement (malheureusement) et la FF4x4 n'y ait pour
RIEN. Je ne comprends pas qu'ils se gargarisent d'une énorme erreur alors que
cela ne vient même pas d'eux !
Voici le document que j'ai réalisé fin juin 2006 qui explique TOUT sur TOUT :
Le gouvernement souhaite depuis plusieurs années que les activités sportives
s'exerçant en dehors des complexes sportifs (sports de plein air) soient mieux
gérées pour plusieurs raisons :
- parce qu'ils font de plus en plus d'adeptes
- pour éviter les accidents qui peuvent être sous la responsabilité du Maire de
la commune
- pour diminuer les conflits d'usage entre les différentes pratiques (pêcheurs,
kayakistes par exemple)
- parce que c'est une formidable rentrée d'argent en développant le tourisme
- pour que ces activités soient plus respectueuses de l'environnement
"Le chasseur ne souhaite pas être dérangé par le cueilleur de champignons, le
pêcheur silencieux n´aime guère les circuits VTT ou motorisés qui passent à
proximité de sa rivière, le kayakiste n´aime pas voir ses parcours interdits par
la fraie du poisson. Le village gaulois est friand de toutes ces querelles, mais
les collectivités locales les apprécient beaucoup moins. " CNESI rapport sur
l´année 2005.
Dans un premier temps, la loi du sport n°84-610 a défini le 16 juillet 1984 les
sports de nature (article 50-1 du titre III) : "Les sports de nature s'exercent
dans des espaces ou sur des sites et itinéraires qui peuvent comprendre des
voies, des terrains et des souterrains du domaine public ou privé des
collectivités publiques ou appartenant à des propriétaires privés, ainsi que des
cours d'eau domaniaux ou non domaniaux."
Cette définition a été revalidée dans l'ordonnance n°2006-596 du 23 mai 2006
article L311-1.
Les documents officiels définissent ainsi les sports de nature :
"Les activités de sports de montagne, de sports de glisse, de sports équestres,
vélocipédiques et pédestres, de sports aquatiques et subaquatiques, de sports
aériens, de sports motorisés figurent très souvent parmi les sports de pleine
nature"
Le gouvernement a donc intégré les loisirs motorisés dans les sports de nature
pour tout encadrer.
Pour preuve, l'ordonnance n°2006-596 du 23 mai 2006 relative à la partie
législative du code du sport dans le Livre III - Pratique sportive - Titre 1er -
Lieux de pratiques sportives - Chapitre 1er - Sports de nature - , parle des
PDIRM (Plan départemental d´itinéraires de randonnées motorisés) dans l´article
L 311-4 ("Le département établit un plan départemental des itinéraires de
randonnée motorisée dans les conditions prévues à l'article L. 361-2 du code de
l'environnement.").
Et j´ai trouvé annexé à un dossier sur les espaces, sites et itinéraires, un
document nommé Nomenclature des activités physiques et/ou sportives (APS). Dans
la catégorie APS Motocyclisme, le code APS n°4902 correspond à la moto verte, le
code APS n°4905 correspond au quad, et pour le sport automobile le code APS
n°7199 correspond à autres, peut être le 4x4.
Pour gérer ces sports de nature, l´état a créé le CNESI (Commission nationale
d´espaces, sites et itinéraires) qui chapeaute les CDESI (Commission
départementale d'espaces, sites et itinéraires).
Les Fédérations délégataires (FFM, ...) ou disposant d´un agrément (FFMC, ....)
peuvent représenter les sports de nature dans les CDESI.
Le CNOSF (Comité national olympique et sportif français) intervient en amont des
fédérations (ordonnance n°2006-596 du 23 mai 2006 article L311-5).
Au sein des CDESI, la FFM représente les sports motorisés (la FFSA n´a pas
apparemment souhaité représenter l´activité automobile).
En intégrant les loisirs motorisés dans les sports de nature, l´état peut les
gérer plus facilement en donnant tous pouvoirs aux Fédérations. Ainsi seuls les
personnes diplômées peuvent faire de la formation (article L 212-1 de l´
ordonnance n°2006-596 du 23 mai 2006). Les associations doivent souscrire une
assurance responsabilité civile (article L 321-1 de l´ ordonnance n°2006-596 du
23 mai 2006).
Parallèlement à la mise en place des CDESI, l´état a lancé un recensement
national de tous les équipements, espaces, sites, utilisés dans le cadre du
sport et des sports de nature. Le lundi 29 mai 2006, le site internet
http://www.res.jeunesse-sports.gouv.fr/ recensant ces informations (313 000
équipements sportifs recensés) a ouvert ses portes officiellement.
Les CDESI vont créer un PDESI (plan départemental d'espaces, sites et
itinéraires) dans chaque département qui va intégré directement les PDIPR (Plan
départemental d´Itinéraires de promenade et de randonnée)(ordonnance n°2006-596
du 23 mai 2006 article L311-3).
Les loisirs motorisés étant des sports de nature, il auraient pu avoir le droit
de rouler dans les futurs PDESI. Le gouvernement a donc décidé pour des raisons
de sécurité accrue, de parquer les loisirs motorisés dans les PDIRM (Plan
départemental d´itinéraires de randonnées motorisés) et a donc rajouté l´article
L 311-4 dans l'ordonnance n°2006-596 du 23 mai 2006, le Code du Sport.
Le 14 avril 2006, avec la loi 2006-436, le gouvernement modifie l´article L
361-1 du Code de l´Environnement pour que les maires puissent interdire plus
facilement les PDIPR aux motorisés.
"Les maires, en vertu de leur pouvoir de police, peuvent, le cas échéant,
réglementer les conditions d'utilisation de ces itinéraires".
Mais le gouvernement s´est retrouvé devant un problème. Les PDIRM sont annoncés
dans la loi Lalonde de 1991 mais n´ont jamais été mis en place 15 ans après.
Pour montrer que les motorisés doivent être mis à part dans des PDIRM, il faut
montrer que les motorisés représentent un danger vis à vis des autres usagers
des chemins. C´est simple, il suffit d´homologuer les quads sans se préoccuper
des conséquences et d´attendre un peu que certains excès voient le jour. Il
savait très bien ce qu´il faisait puisqu´au Canada, ils ont eu beaucoup de
problèmes suite à l´homologation des quads il y a plusieurs années. En France,
en 2004, 40 000 quads homologués ont été vendus, et en 2005 près de 50 000. Le
Ministère de l´Ecologie et du Développement Durable en profite, et sort sa
circulaire Olin n°DGA/SDAJ/BDEDP n°1 du 6 septembre 2005, en criant haut et fort
que les motorisés sont dangereux et qu´il faut mettre en place les PDIRM. La
notion de carrossabilité remise en avant suite à une jurisprudence de février
2003 rendue publique, n´est en fait que de la poudre aux yeux puisque cela fait
des années (depuis le jugement de Chambéry) que le gouvernement parle de notion
de carrossabilité pour les voies privées (voir document papier explicitant la
loi Lalonde et adressé à tous les élus).
Le rapport du CNESI sur l´année 2005 pour le Ministère de la Jeunesse, des
Sports, et de la Vie Associative (édité le 1er janvier 2006), indique qu´il
faudrait limiter les motorisés en randonnée et les obliger à déclarer leur
passage (suite à une inquiétude du responsable du comité départemental de la FFM
en Ardèche).
"Au niveau de législatif, la limitation du nombre d´engin et la déclaration de
passage préalable aux communes et à la préfecture permettrait de limiter
certains impacts et de mettre en oeuvre des actions de sensibilisation auprès
des pratiquants. "
Le résultat ne s´est pas fait attendre sous la forme du Décret 2006-554 du 16
mai 2006 paru au Bulletin Officiel du 18 mai 2006. Les randonnées appelés
concentrations doivent sont soumises à déclaration en préfecture deux mois avant
(même entre amis, il y a toujours un pseudo organisateur). Les manifestations
avec des démonstrations, des baptêmes (avec du public) style Téléthon sont
soumises à autorisation en préfecture trois mois à l´avance, et l´organisateur
doit avoir l´aval de la Direction Départementale Jeunesse et Sports (respect des
règles de sécurité définies par les fédérations sportives). Les associations
doivent avoir une assurance responsabilité civile. Et le pire, le ministère se
réserve le droit d´établir une liste de routes interdites provisoirement ou
définitivement à toutes concentrations et manifestations (Le ministre de
l'intérieur et le ministre chargé de l'équipement fixent conjointement la liste
des routes interdites, à titre permanent, périodique ou provisoire, à toutes les
concentrations ou manifestations ou à certaines catégories d'entre elles en
raison des incidences que leur déroulement peut avoir sur l'économie, le
tourisme ou la sécurité générale. Ils peuvent toutefois indiquer sous quelles
conditions lesdites routes peuvent être soit traversées, soit empruntées sur une
distance réduite lors de ces événements. Article 27).
Le rapport du CNESI sur l´année 2005 pour le Ministère de la Jeunesse, des
Sports, et de la Vie Associative (édité le 1er janvier 2006) indique aussi où
prendre l´argent pour l´entretien et le balisage des PDIRM : taxe à l´achat des
véhicules tout-terrain.
"Compte tenu de leur impact sur l´environnement et sur les itinéraires
empruntés, la mise en oeuvre d´une taxe à l´achat sur les engins tout terrain
motorisés destiné à l´entretien et au développement d´une signalétique adaptée."
Maintenant que tout est prévu (les motorisés vont être parqués sur les PDIRM),
comment mettre une épée de Damoclès au dessus des PDIRM et pouvoir les faire
disparaître si besoin et donc interdire complètement la circulation des
motorisés en dehors du goudron.
L´état a donc sorti son arme secrète, l´évaluation environnementale. La
Directive Européenne 2001/42/CE parle d´évaluation environnementale pour des
plans ou des programmes sans en définir la liste (mais l´Europe pense plus à des
programmes style élimination de certains déchets dangereux). L´état transpose
cette directive par l´ordonnance 2004-489. Pour mettre en place l´épée de
Damoclès, le gouvernement ajoute les PDIRM dans la liste des plans soumis à
évaluation environnementale par décret n°2005-613 du 27 mai 2005 et l´inscrit
dans les articles R122-17 à R122-24 du Code de l´Environnement. Le Ministère de
l´Ecologie et du Développement Durable vient de sortir la Circulaire "Direction
des études économiques et de l´évaluation environnementale" du 12 avril 2006 n°DEV
D0650164C.
Si une évaluation environnementale est effectuée pour la création d´un PDIRM,
cela veut dire qu´un véhicule ne peut circuler sur un chemin rural inscrit au
PDIRM que si l´évaluation environnementale est satisfaisante. Or les chemins
ruraux sont ouverts à la circulation publique par définition (art. L161.1 et
L161.3 code rural & art. L161.1 code de la voirie routière). Donc la loi est
modifiée et devient presque incohérente.
Pour la création d´une autoroute, il est normal de tester son incidence sur
l´environnement pour autoriser sa construction. Mais on ne soumet pas à une
étude sur l´environnement une autoroute qui existe depuis longtemps pour savoir
si son utilisation va continuer.
L´évaluation environnementale des PDIRM remet en cause l´ouverture à la
circulation publique par définition des chemins ruraux.
Il est effectué un suivi des incidences sur l´environnement. A une échéance
choisie, une évaluation environnementale sera effectué de nouveau. Si la
réglementation se durci au niveau environnemental, les PDIRM peuvent à cette
échéance ne plus être autorisés .... Ainsi tomba l´épée de Damoclès.
Voici un résumé de la circulaire :
Circulaire Direction des études économiques et de l´évaluation environnementale
du 12 avril 2006 n°DEV D0650164C Ministère de l´Ecologie et du Développement
Durable.
Objet : Evaluation de certains plans, schémas, programmes ayant une incidence
notable sur l´environnement.
Références : Code de l´environnement R122-17 à R122-24 / art 10 du décret
n°2005-613 du 27 mai 2005.
Evaluation environnementale :
réalisation d´un rapport environnemental (identifier, décrire, évaluer
incidences probables)
réalisation de consultations : par le ministère de l´environnement ou DIREN, par
le public
information au public sur la décision prise
suivi des incidences sur l´environnement (vérifier si les effets du plan sont
conformes aux prévisions / possibilité de refaire une évaluation 5 ans après par
exemple)
Rapport environnemental :
présentation des objectifs du projet de plan (PDIRM)
analyse de l´état initial de l `environnement et des perspectives de son
évolution (santé humaine, diversité biologique, la faune, la flore, les sols,
les eaux, l´air, le bruit, le climat, le patrimoine culturel architectural et
archéologique et les paysages)
analyse exposant les effets notables probables de la mise en oeuvre du projet de
plan sur la santé humaine, la diversité biologique, ... voir liste plus haut.
Exposé des motifs pour lesquels le projet de plan a été retenu au regard des
objectifs de protection de l´environnement.
Pour les zones Natura 2000, le contenu du rapport environnemental est remplacé
par le dossier d´évaluation des incidences défini à l´article R414-21 du code de
l´environnement (circulaire DNP/SDEN n° 2004-1 du 5 octobre 2004).
Pour les PDIRM, l´autorité administrative de l´Etat compétente en matière
d´environnement est le Préfet de département qui saisit la DIREN concerné, qui
prépare l´avis en liaison avec les autres services de l´Etat compétents.
Conclusion :
Les fédérations vont gérer toutes les activités de Sport de Nature et définir
leurs règles de pratique.
Les lieux de pratique des sports de nature motorisés (à part les terrains
référencés) seront les PDIRM avec votre participation financière. Ces lieux
pourront disparaître à terme.
Position des fédérations sur le Plan Départemental des Itinéraires de Randonnée
Motorisée (PDIRM)
Paru le : 27 avr. 2006 source : infosports.org le 22 avril 2006
Le CNOSF a pris lors de son dernier CA une position relative à la publication de
la circulaire OLIN sur l'utilisation des espaces naturels par les engins à
moteurs.
Les fédérations (sport automobile, motocyclisme, randonnée pédestre, cyclisme,
cyclotourisme, montagne et escalade, clubs alpins et montagne, 4x4) réunies au
sein du conseil national des sports de nature sont à l'origine de cette
position.
Les fédérations qui s'inquiètent des effets de la circulaire OLIN sur la
pratique d'activités inscrites au calendrier des fédérations sportives
motorisées, tiennent à rappeler qu'elles disposent de prérogatives spécifiques
en matière d'organisation et d'encadrement des pratiques de nature et dans la
nature.
Les fédérations sportives motorisées quant à elles rappèlent qu'elles respectent
strictement la réglementation en usage et ont adopté des codes de comportement
qui incluent des dispositions relatives à la cohabitation dans les espaces
naturels.
Toutes les fédérations souhaitent être associées aux pouvoirs publics et aux
acteurs des espaces pour mettre en oeuvre des mesures qui permettent de garantir
une pratique raisonnée des sports de nature compatible avec la préservation et
l'amélioration de l'environnement naturel, et demande à être membres des CDESI.
Elles souhaitent et le CNOSF a validé cette position :
- que soit expérimentée la mise en place de plans départementaux des itinéraires
motorisés PDIRM
- que soient lancées des actions d'information et de formation à destination des
acheteurs et des vendeurs d'engins
- que soient établis sur la base de l'agenda 21 du sport français des codes de
comportements à l'usage tant des pratiquants que des gestionnaires des espaces
et des activités fédérés ou non.
Un groupe de travail sur les PDIRM
Paru le : 27 avr. 2006 source : infosports.org
A l'initiative conjointe du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable
et du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, un groupe
de travail s'est réuni pour la première fois le 20 avril au sujet de la mise en
oeuvre du Plan Départemental des Itinéraires de Randonnée Motorisée (PDIRM) en
référence à l'article L 361-2 du code de l'environnement. Le constat partagé
d'une augmentation de la fréquentation auto-organisée, essentiellement due à
l'homologation des quads, et de la nécessité d'organiser cette fréquentation
pour des questions relatives à la sécurité des pratiquants et autres usagers, au
respect de l'environnement et des droits attachés à la propriété rend opportun
le déploiement des PDIRM.
Ce groupe de travail a réuni les représentants des usagers (CNOSF, FFM, FF4*4,
FFRP, FFCT, représentants des utilisateurs de quad, CODEVER, ...), des
gestionnaires d'espaces naturels et associations de préservation
environnementale (France Nature Environnement, Mountain Wilderness, fédération
des Parc naturels régionaux, ONCFS, ...), des représentants des propriétaires et
exploitants (ONF, Fédération de propriétaires forestiers, syndicat de la
propriété rurale, ... ) et des collectivités concernées : Assemblée des
Départements de France et Association des Maires de France. Concernant les
fédérations sportives motorisées et non motorisées, le travail de concertation
préalable mené sous l'égide du CNOSF a permis de considérablement faire évoluer
la compréhension et le partage des enjeux communs aux pratiques sportives.
L'ensemble des participants, hormis le CODEVER qui a quitté la réunion avant son
terme en redoutant une volonté de restriction de la liberté de pratique des
loisirs motorisés, s'est accordé sur l'intérêt d'expérimenter la mise en oeuvre
des PDIRM dans des départements volontaires. Ce groupe de travail accompagnera
la ou les départements expérimentaux pour la mise en oeuvre opérationnelle de
leur PDIRM, afin notamment de recueillir l'expression des freins qu'ils
identifient et les solutions pour y palier. L'objectif est à terme de pouvoir
proposer aux départements des méthodes et outils étrénnés et transférables pour
mettre en oeuvre le PDIRM.